Typologie d’un constat d’état d’oeuvre, 2017
Performance-comique en deux actions sur deux jours
La Belle Absente, Atelier de J. Borel, Paris
Crédit photo : H. Langlois
Vidéo : A. Amok

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Typologie d’un dossier d’œuvre, 2017
Performance-comique en deux actions, 8min
Rencontres « Excentricités VIII », Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon
Crédit photo : D. Demangeot / Journal Diversions
Vidéo : Isba Besançon

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Typologie de la liste des prix des oeuvres, 2017
Performance-comique en deux actions, 8min
Festival « Actions à vendre », Espace À VENDRE, Nice
Vidéo : L. Postel / Villa Arson

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Faire rêver, c'est un métier, 2016
Performance-spectacle en dix actions, 50min
FRASQ#8, Le Générateur, Gentilly
> Vidéo facebook en direct
Crédit photo : L. Leroy
Vidéo : F. Dymny

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Renseignements relatifs à votre statut, 2016
(Mouvement 2 : le destructeur de papier)
Art-action en trois mouvements, 20min
Galerie HD Nick, Aubais
Crédit photo : V. Costet

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Vidéo-action (La corbeille à papier), 2016
Vidéo couleur, 0'10'', son, en boucle

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Vidéo-action (Le siège de bureau), 2016
Vidéo couleur, 0'13'', son, en boucle

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Déclaration en vue de l'immatriculation des artistes auteurs, 2016
Dessin au pigment liner noir sur document cerfa n°60-3534
29,7 x 21 cm, pièce unique

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Déclaration européenne de services, 2016
Dessin au pigment liner noir sur document cerfa n°13964*01
29,7 x 21 cm, pièce unique

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Fiche d'évaluation, 2016
Art-action en deux mouvements, 8 min
Mains d’Œuvres, Saint-Ouen
Co-performeur : F. Dymny
Crédit photo : JL. Parot
Vidéo : S. Madigand

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The rising tie, 2016
Projection vidéo en live, 6 min
Musique : The rising tide, Arainbow
Arainbow release party, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen
Crédit photo : G. Morel

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#WORK-POOL, 2016
Art-action en trois mouvements, 15 min
Cité internationale des Arts, Paris
Crédits photos : S.Santa Lucia
Vidéo : facebook C-E-A

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#WORK-GENDER, 2016
Art-action en trois mouvements, 15min
CAC La Traverse - Centre d'art contemporain d'Alfortville
Vidéo : A. Cardenas Castro

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Vidéo-action #Tampon, 2016
Vidéo couleur, 0'10'', son, en boucle

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Vidéo-action #Téléphone, 2016
Vidéo couleur, 0'20'', son, en boucle

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Florent Audoye, 2015
Dessin au pigment liner noir sur papier d'uniformation
29,7 x 21 cm, pièce unique

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LOUVRE, 2015
Dessin au pigment liner noir sur papier à en-tête du Musée du Louvre
21 x 14,8 cm, pièce unique

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Séminaire #1 (Introduction aux sciences inexactes), 2015
> Évaluation individuelle de performance (.pdf)
Conférence-performance en cinq actions, 18min
Performance à l’Amour, Bagnolet
Co-performeur : A. Bibia
Crédit photo : L. Prexl

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Séminaire #2 (Dynamique de connaissance et d'évolution), 2015
(Action 1 : OUI / NON) > Formulaire OUI / NON (.pdf)
Conférence-performance en quatre actions, 18min
Clôture du 60ème Salon de Montrouge
Co-performeur : A. Bibia
Crédit photo : L. Atlan

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FANTOME, 2014
Dessin au pigment liner noir sur document du Centre Pompidou
29,7 x 21 cm (le document), 35,3 x 26,3 cm (le cadre), pièce unique

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Déclaration trimestrielle de droits d'auteur et de rémunérations, 2014
Dessin au pigment liner noir sur document de La Maison des Artistes
29,7 x 21 cm (le document), 40,5 x 32 cm (le cadre), pièce unique

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GOOGLE TRAD VF#1, 2014
> Que dites-vous à propos des émotions suivantes ? (.pdf)
Pièce pour un performeur en six actes, 18min
Crédit photo : C. Dumas

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Cartel de Paris, 2014
Impression sur papier à en-tête de l’Institut de Céramique Franç̧aise, 29,7 x 21 cm, multiple
Vue d’exposition "Avant-Garden", La Générale en Manufacture, Sèvres (2014)
Crédit photo : Cartel de Kunst

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The Top Five Regrets of the Dying, 2013
Écritures au fineliner bleu sur 5 documents franco-canadiens
Installation : documents, trombones, livre sur étagère, dimension variable
Crédit photo : F. Gousset (vue d’exposition du 58ème Salon de Montrouge, 2013)

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Enquête auprès des visiteurs pour les 30 ans des Frac, 2013
> Enquête auprès des visiteurs pour les 30 ans des Frac (.pdf)
Impression sur document à l’accueil du frac île-de-france
29,7 x 21 cm, multiple de 100

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Textes :

Le formulaire et la formule de l’art

Le formulaire est une insulte. Vraiment l’ennemi de l’art. Il s’insinue partout dans la vie courante pour réduire en miette cette « vie courante » et en faire une vie non courante, une vie découpée en morceaux, des morceaux de cadavre. Le formulaire est le pacte avec le diable que chaque impétrant doit signer avant d’entrer en enfer. Le formulaire est laid, il est dessiné par des artistes qu’on a enfermés, frappés, torturés, soumis au chantage : « Maintenant, salaud d’artiste, tu vas nous dessiner un formulaire pour tous les futurs esclaves remplisseurs de formulaire, sinon tu n’auras pas à manger, tu vivras dehors et tout le monde te crachera dessus comme sur un clochard. C’est ton travail : dessine ce formulaire. » L’artiste, qualifié pour l’occasion de graphiste, de maquettiste, dessine un formulaire, mais ça ne va pas, il doit le refaire car ce n’est pas assez laid, pas assez méchant esthétiquement, ce n’est pas artistiquement assez insultant. Il doit s’y prendre à quatre ou cinq fois avant que son « dessin » qui n’est plus qu’un déni de création soit enfin accepté : par le dégueulis des couleurs, le kitch des photos, le démodé des typos, la perversion de toutes les divines proportions, il a atteint le sommet de l’abjection : un formulaire qu’on va pouvoir imprimer, diffuser, distribuer et faire remplir par des quantités de gens qui ne se rendent compte de rien, ils prennent ça pour un jeu, car dans la plupart des cas, il faut remplir des cases. La case est le langage universel du formulaire. En chinois, en russe, en arabe, en anglais, la case est la seule chose qu’on reconnaît d’un questionnaire à l’autre. Il n’y a plus de prénom, plus de nom, plus de date de naissance, il n’y a désormais que des lettres et des chiffres à faire rentrer  dans des cases. Et l’humanité se plie à l’exercice avec bonheur, avec son stylo, elle coche, biffe, remplit, heureuse de s’identifier, de se déterminer, elle a l’impression d’exister, et même de s’exprimer alors que, divisée en M, Mme ou Mlle, elle entre sans le savoir dans la régression, elle se fond, se réduit, se tait.

Et puis un jour, Florent Audoye, devant le formulaire d’un dossier de candidature en vue de devenir équipier chez Quick, et alors qu’il lui était demandé d’ « expliquer en quelques mots les motivations qui l’incitaient à postuler chez Quick », le foutre l’a pris, comme disaient les anciens. Le foutre, c’est vraiment ça. Le foutre contre le clean, l’aseptisé, le mort, et contre le mensonge auquel on lui demandait de se plier pour entrer chez Quick. Inventez, M, Mme ou Mlle, un mensonge digne d’une petite case. Il était sur son vélo, d’après ce qu’il m’a raconté, ou que j’ai cru comprendre, et me souvenir, il était sur son vélo et l’illumination lui est venue en pensant à ce qu’il venait de remplir. Il est retourné chez Quick, il s’est emparé du formulaire et il a écrit : « Il me faut de l’argent ». Mais c’était trop bon pour eux, il a gardé la feuille qui était devenue une œuvre.

Avant de faire ça, il ne savait pas qu’il était un artiste, d’ailleurs il ne l’était probablement pas, malgré ses études d’art. Disons qu’il y avait en lui un artiste dormant, que l’insulte du formulaire a réveillé.

On peut donc considérer ce geste et tous ceux que Florent Audoye a accompli par la suite, comme dérisoire, on ne manquera pas de dire ou de penser que le gribouillage de formulaire c’est le degré zéro de l’art. On peut aussi, comme moi, considérer que le degré zéro de l’art, c’est ce que peu d’artistes atteignent et que beaucoup de ceux qui se croient artistes n’atteindront jamais, malgré leur succès et les bonnes réponses qu’ils ont pu fournir aux formulaires d’inscription à la guilde des artistes.

Je crois savoir que c’est par l’anecdote microscopique qu’on aperçoit les grandes choses. L’histoire singulière de Florent Audoye montre que c’est dans la réaction, le réflexe, le refus, et moins dans l’inspiration, la béatitude et la grâce que la création prend sa source.

Audoye a d’ailleurs le mérite de ne pas transformer ces étincelles de lucidité en éclairage accablant sur « notre société ». Son exposé ne produit pas de discours sur la misère, les jeunes, la politique, l’emploi, toutes ces niches pourvoyeuses de formulaires. Son art est fragile, jusque dans l’humour qu’il distille, discrètement.

Christophe Donner, 2013

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The form and the formula of art

A form is an insult. Truly the enemy of art. It insinuates itself everywhere in ordinary life to reduce the "routine" to crumbs and to make it an unordinary life, a life cut into pieces, pieces of a cadaver. A form is the pact with the devil that each applicant must sign before entering Hell. A form is ugly, it is designed by artists that have been enclosed, hit, tortured, subjected to blackmail: "Now, jerk artist you are going to design us a form for all the future slave fillers of forms, if not you will have nothing to eat." The artist designs a form, but it is not right, he must do it again because it is not ugly enough, not aesthetically bad enough; it is not artistically insulting enough. He must work on it four or five times before his "design" is finally accepted; by the puke of the colours, the kitsch of the photos, the outdated fonts, the perversion of all divine proportions, he reaches the summit of abjection. A form that we will be able to print, distribute and make many people fill in who will not notice anything, they will take it for a game where there are checkboxes to be filled.The checkbox is the universal language of the form. In Chinese, Russian, Arabic, English, the checkbox is the only thing that can be recognized from one form to another. There is no longer any first name, last name, no date of birth, from now on there are only letters and figures to be put into checkboxes. And humanity happily submits to the exercise, with its pen it ticks, crosses out, fills, happy to identify itself, determine itself, it has the impression of existing, and even of expressing itself while, divided into Mr. Mrs. Ms., without knowing, it enters regression, it melts, reduces and silences itself.

And then one day, Florent Audoye, in front of the form of an application dossier to become a team member for Quick, the shit hit, as the ancients said. The shit, it is truly that. The shit against the clean, the sanitized, the dead and against the lie to which he was being asked to submit to join Quick. Invent Mr., Mrs. or Ms., a lie worthy of a small checkbox. He was on his bicycle, according to what he told me, or what I thought I heard and remembered, he was on his bicycle and enlightenment came to him while he was thinking about what he had just filled in. He went back to Quick, he seized the form and he wrote: "I need money." But it was too good for them; he kept the sheet of paper which had become a work of art.

Florent Audoye has the virtue of not transforming these sparks of lucidity into damning illumination of "our society." His presentation does not produce any discourse on misery, youth, politics, employment, all these niches that are purveyors of forms. His art is fragile, as far as the humour that distils discretely.

Christophe Donner, 2013

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Pour tous les contenus présentés sur le site internet www.florentaudoye.fr : tous les droits d'auteur des œuvres sont réservés à Florent Audoye. Sauf autorisation formelle écrite préalable de l'auteur, la reproduction ainsi que toute utilisation des œuvres, autres que la consultation individuelle et privée, sont interdites.